ALTIPLANO CHILIEN
Par Pierre Pascal, www.pix-aile.com
Chauds ou froids, dorés ou rouges, ils fascinent. De sable, de sel, de glace ou de pierre, du Sahara à Uyuni, de l’Antarctique à l’Atacama, ils sont le but ultime de voyageurs en quête de vide et de silence, d’espace vierges et de lenteur. Poètes, missionnaires, marchands et randonneurs inépuisables, concoctent depuis des lustres des carnets de voyages nourris de brûlantes passions, de coup de cœur et de remises en question. Les déserts inspirent l’homme privé en ces lieux d’humanité. Le désert offre ainsi la suprême objectivité.
Point de départ, le désert de l’Atacama tout au nord du Chili. Au loin, l’Altiplano, invisible d’ici, plateau niché à plus de 4 500 mètres d’altitude entre les sommets volcaniques de la Haute Cordillère. Au menu, le ciel le plus étoilé au monde, épuré de toutes pollutions. Pas de villes, aucune lumière parasite. Pas d’automobiles, aucune poussière en suspension dans l’air. La quiétude immaculée, cristalline, pour découvrir un ciel particulièrement riche en astres, découvrant les étoiles invisibles de l’hémisphère Sud que l’on scrutera chaque nuit à satiété. Fruit de vingt-cinq ans de recherche, le plus puissant télescope du monde vient d’être mis en service par les Européens dans les Andes chiliennes. Cet œil extrêmement aiguisé est capable de pénétrer les ténèbres de l’Univers, loin dans l’espace et dans le temps. Il pourrait distinguer une luciole à 10 000 kilomètres de distance et même un astronaute marchant sur la Lune. D’ici, on voit de petites galaxies en train de se former tandis que sur Terre les États-Unis continuent d’entraîner de petits robots qui iront rouler sur mars. Ici, aussi, on sirote un Pisco sour en regardant le levé de l’astre de la nuit niché sur le sommet d’une dune de la vallée de la Lune. Les lieux étaient précurseurs. Extraterrestres.