L'apogée de l'Empire inca
MACHU PICCHU
par Alex Bellachat

 


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Alors à son apogée en 1532,
...lorsque Francisco Pizarro arrive dans la région, l’Empire inca s’étendait sur une région allant de la Colombie, au nord, au Chili, au sud. Il couvrait une surface équivalente à celle de la France, de la Suisse, de l’Italie et du Benelux réunis.

Selon Henri Favre « Les Incas, se faisaient sentir de Panama jusqu’aux lointains rivages atlantiques du Brésil, ce dont témoignent des outils de cuivre et des parures d’or et d’argent transportés de tribu en tribu à travers la forêt amazonienne. » Cet Empire qui marque encore culturellement tous les Péruviens, pour peu qu’ils décèlent en eux un gène, ou une fibre quechua. Même la grande Espagne fut impressionnée lorsque l’Inca Atahualpa se présenta à Pizarro dans une litière tapissée de plumes de perroquet, entouré de gardes du corps couverts de plaques d’or.

La magie de l’Empire du soleil opère toujours. J’ai beau avoir vu le Machu Picchu mille fois en photos, comme celle, magiques, de Martin Chambi, le grand photographe péruvien, je sais qu’il fait partie de ses rares monuments qui dépassent l’imagination, au même titre que Petra, Angkor, Tikal ou Bagan. Le Machu Picchu est un piton domestiqué au cœur d’une couronne de pics sauvages. Une ville lancée dans le ciel qui s’est accrochée de justesse à la montagne. Beaucoup de qualificatifs peuvent être employés à sa description. Les miens sont « grandeur et solitude, splendeur et silence ».

Citadelle oubliée, parfaitement enserrée dans une gigantesque et minérale mâchoire inférieure de requin, il est totalement invisible du bas de la montagne. En fait, l’impénétrable forêt qui l’entoure, la difficulté d’accès et le fait que la citadelle était recouverte par la végétation, ont été les garants de son occultation au monde moderne jusqu’au début du siècle dernier. Cette « montagne ancienne » dans la langue quechua, domine la vallée de l’Urubamba de 500 m, et constitue l’expression la plus achevée de l’architecture inca. À ce jour son histoire ainsi que les raisons de sa construction dans un site si éloigné de toute autre ville, en pleine montagne, avec de chaque coté des sommets protecteurs qui pourraient être les gardiens silencieux d’un mystère qui ne sera peut-être jamais élucidé, font encore l’objet de recherches.

Le Machu Picchu était-il une ville sainte ? Est-ce ici que les rites sacrés ont continué à se perpétrer après l’arrivée des conquistadors ? Est-ce un lieu où les sacrifices humains occultes perduraient malgré les tentatives d’évangélisation des missionnaires espagnols ? S’agit-il encore du dernier refuge des Incas après la chute de Cuzco au xvie siècle ? On remarque néanmoins que le style architectural ne se différencie pas beaucoup de celui du Cuzco de la période Quechua classique : blocs encastrés, les techniques de construction, les dispositions prises pour la protection des maisons contre les tremblements de terre et enfin les éléments trouvés dans les tombes. Mais pourquoi ne pas laisser notre imagination décider du passé secret, ésotérique ou sacré, d’un des mystères les mieux conservé de l’histoire des hommes, une véritable Atlantide aérienne.



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