LOIN DU MONDE CONNU
GLACIERS, FORCES ET FRAGILITES
Images et texte Christian Vincent



 


GLACIERS
de Christian Vincent
39 €, 160 pages, Ed. Glénat

Quel avenir pour les glaciers ? À l’aQuel avenir pour les glaciers ? À l’aube du bouleversement Climatique maintenant clairement annoncé, cette question n’a jamais été autant d’actualité.



Voyage vers les pôles
avec GRAND NORD

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Depuis toujours, les glaciers attirent, fascinent ou effraient. Ils marquent les esprits. Par leur caractère sacré ! Déjà, les Incas, il y a plus de cinq siècles, partaient à la conquête des géants des Andes, à plus de 6000 mètres d’altitude, afin d’offrir de jeunes enfants en sacrifice. Maigre pitance pour les glaciers, monstres vénérés qui, en apportant l’eau dans les vallées, y rendaient du même coup la vie possible.

Par les ravages qu’ils occasionnent !

Imaginez le paysan de la vallée de Chamonix, au début du XVIIe siècle, qui voit ses champs et même sa maison écrasés par ces «horribles glacières», le glacier des Bois (aujourd’hui la mer de Glace), le plus impressionnant, mais aussi les glaciers d’Argentière, des Bossons ou du Tour. La crue glaciaire menacait même de barrer l’Arve et d’inonder toute la vallée en amont. Aussi en juin 1644, le coadjuteur de Genève, Charles de Sales, est-il sommé de venir exorciser les glacières ! Il conduit une procession de près de trois cents personnes au village des Bois qui risque d’être englouti. La bénédiction épiscopale est efficace puisqu’à partir de cette date, le glacier se met à reculer.


Par les glaçons qu’ils fournissent !

Il n’y a pas si longtemps, les habitants des vallées alpines allaient découper quelques blocs de glace au front des glaciers pour conserver les victuailles. Encore aujourd’hui, en Équateur, subsistent quelques hieleros, chasseurs de glace qui arrachent, à coups de pioches et de haches, des morceaux de glace au glacier de Chimborazo pour aller les vendre au marché de Riobamba, la ville au pied de la montagne.

Par la menace qu'ils laissent planer !

Ce sont des édifices instables qui peuvent à tout moment s’écrouler ! Malheur à celui qui passe à proximité ou aux habitations installées trop près ! Souvenons-nous, par exemple, de la petite ville de Yungay, dans la cordillère Blanche au Pérou qui, à la suite d’un tremblement de terre le 31 mai 1970, a été ensevelie sous les débris d’une avalanche de glace et de roches provoquée sur les flancs du Huascaran Nord.


Par leur intérêt économique !

Réservoirs d’eau naturels, ils alimentent les barrages des vallées pendant la saison d’été grâce à la fonte de la neige et de la glace. Cette «houille blanche» est à la base de la production hydroélectrique, et assure de nos jours pour 60 % l’autosuffisance en électricité d’un pays comme la Suisse !


Par le symbole qu’ils véhiculent !

Qui n’a jamais regardé, avec une pointe de nostalgie, des images de glaciers agonisant au sommet du Kilimandjaro, le toit de l’Afrique, et condamnés à disparaître dans les prochaines décennies? Qui ne s’est pas indigné des projets d’une compagnie minière qui, pour exploiter de l’or au Chili, voulait tout simplement détruire un glacier géant ?

Aujourd’hui, cet intérêt des hommes pour les glaciers est plus que jamais d’actualité. À l’heure où le changement climatique est une préoccupation quotidienne, il est légitime de se poser la question du devenir de ces glaciers. Pour apporter des éléments de réponse, il est nécessaire de comprendre leur fonctionnement, la façon dont ils s’écoulent, avec quel retard ils répondent aux changements climatiques, pourquoi leur taille a varié dans le passé, etc. C’est tout le travail des glaciologues.


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