L'Ecosse compose une partition...
...riche en espèces : des colonies d’oiseaux de mer
à la fantomatique
loutre solitaire, des hordes de cerfs
aux phoques paresseux..
Là-haut, tout là-haut, perché au sommet de la Grande-Bretagne, il est un pays aux frontières indécises, acculé dans les montagnes et
assailli par l’océan. écosse ! Ce nom claque et résonne comme le bruit de la vague qui frappe violemment les parois rocheuses, comme
le rugissement du cerf rouge dans la lande roussie par les morsures de l’automne, comme l’appel du berger dans les tourbières
de Calédonie. Pourtant, l’écosse n’est pas un pays, ce n’est qu’un bout de pays, l’ultime issue pour l’amant du Nord. à vrai dire, l’écosse
est plus un état, un état d’âme… Il faut aimer parcourir ses vastes espaces désolés, ses côtes lacérées, contempler ses cieux torturés,
aimer subir la puissance de la Nature dans un territoire où l’Homme a peu d’emprise.
Gorgées d’infinies tourbières, d’innombrables loch, l’écosse est un pays d’eau rongé par la mer, un pays de rocaille cerné par
les montagnes. L’Ecosse magnétise, attire vers ces territoires si proches et pourtant impénétrables.
La lande tourbeuse s’étend à perte de vue. Dans cet univers spongieux et minéral, seuls les moutons et les cerfs parviennent vraiment
à se frayer un chemin. Mille fois j’ai contemplé ces paysages, mille fois j’ai assisté au talent d’artiste de la Nature, cet opéra des lumières
toujours mouvantes, chaque fois émouvantes. J’ai traqué les lumières d’écosse comme j’ai guetté la loutre et affûté le cerf, patiemment…
Entre deux averses, après des semaines de grisaille, dans les brumes tenaces des îles, cette lumière divine finie toujours par faire irruption et illuminer comme nulle part ailleurs la nudité froide du paysage.
Il faut du temps pour aimer l’écosse comme il faut une vie pour s’en désunir. Ces espaces sauvages me collent à la peau.
J’ai besoin d’Ecosse pour sa sauvagerie et sa beauté, pour sa foisonnante vie et son âpreté… pour ses instants de lumières.
accueil

|
|