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GROENDLAND
PARADIS BLANC
Par Francis Latreille, texte Passe-Frontières
Obligés de quitter leur village parce qu’il ne fait pas assez froid. C’est le paradoxe que vivent les habitants de Shishmaref, un minuscule bourg de 600 habitants posé sur une île en Alaska. Depuis quelques années, on observe ici avec angoisse les effets du changement climatique. En trente ans, la température a augmenté de 4 °C, la banquise a fondu de près de 10 %. Les scientifiques prévoient la disparition pure et simple de Shishmarev d’ici moins de dix ans. Conséquence, il faut envisager le déplacement du village, des maisons, transporter tout ça sur le continent. Après avoir passé des siècles sur cet îlot, les habitants vont devoir changer leurs habitudes, rompre avec leurs traditions. Et s’engager dans des frais pour eux pharaoniques qu’ils sont incapables d’assumer.
LES RÉFUGIÉS CLIMATIQUES
Depuis une vingtaine d’années, des aventuriers et scientifiques sillonnent ces régions a priori hostiles mais d’une beauté époustouflante et surtout clairement menacées par les changements climatiques. Parmi eux, au cœur de ces bouleversements de plus en plus visibles, Francis Latreille apporte son témoignage… « Des villages entiers tombent dans la mer suite à un phénomène d’érosion. Fonte et tempêtes, la banquise diminue comme peau de chagrin. Shishmaref et d’autres villages du Grand Nord alaskien sont en train de disparaître donnant naissance à une nouvelle forme d’exode, les réfugiés climatiques. » Ce à quoi l’administration des États-Unis répondrait : « qu’en l’état actuel des connaissances scientifiques sur la question du réchauffement climatique, rien ne justifie pas que l’on prenne des mesures contraignantes. » Autre camp, autre commentaire, celui de John Keogak, un Inuit qui vit sur l’île de Banks, dans la province canadienne des Territoires du Nord-Ouest, à 800 km au nord du cercle arctique. Il raconte qu’il remarquait dès 1980 que le climat avait commencé à changer. Il apercevait pour la première fois des merles, une espèce pour laquelle les Inuits de sa région n’ont même pas de nom. « À l’époque, on se disait qu’il avait l’air de faire un peu plus chaud qu’avant. Au début, ça faisait plutôt du bien d’avoir des hivers un peu moins rigoureux, mais maintenant ça va trop vite. Ce que nous avons vu arriver au début des années 1990 s’est amplifié. Cela va affecter notre mode de vie, nos traditions, et certainement nos familles. Nos enfants n’ont peut-être plus d’avenir. En fait, ça vaut pour tous les jeunes. Et ça ne touche pas exclusivement l’Arctique. Il va se passer la même chose d’un bout à l’autre de la planète. »
Par sa superficie, la calotte du Groenland est la deuxième de la planète après celle de l’Antarctique. Sous sa forme actuelle, elle est littéralement une relique de la dernière glaciation. Les couches superficielles sont constituées de neiges récentes, qui recouvrent les neiges tombées il y a plusieurs siècles, plusieurs millénaires. Mais L’Arctique est en train de fondre. Si on parvient à faire comprendre aux gens que cette fonte aura des conséquences dramatiques pour nos enfants et nos petits-enfants, l’humanité se rendrait compte que le risque est trop gros pour ne pas s’en préoccuper immédiatement.
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PARADIS BLANC
de Francis Latreille
48 euros, 232 pages
Edition de la Martinière
Les glaces du pôle Nord fondent d’année en année par suite du réchauffement climatique. La banquise se rétrécit, les glaciers du Groënland reculent et cet espace mythique disparaît peu à peu.
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