365 DAYS IN CHINA
JOURNAL DE CHINE
Image et texte de Pierre Bessard


 


JOURNAL DE CHINE
par Pierre Bessard
30 €, 384 pages
Edition Glénat





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Juste
le temps de voir le dernier Hutong...
...du secteur, avec ses vieilles rues étroites où vivent les vrais Pékinois.
Un matin, l’ancien quartier n’est plus là: une dalle de béton a été coulée.


Une petite boulangerie tenue par un Français, lui aussi fraîchement expatrié, vient d’ouvrir au pied du complexe. Ainsi, nous ne serons jamais loin de nos souvenirs en cas de coup de blues. Un peu atones les premiers jours, les enfants s’adaptent vite à leur nouvel espace de jeu. Deux cents mètres carrés pour 1200 euros par mois. Laure regrette un peu l’ambiance «village» du Marais, ses terrasses de café et la vieille cheminée du salon. Les immenses baies vitrées, avec vue sur la croissance chinoise, la consoleront.

Des grues gigantesques s’activent en face de notre immeuble. Leurs projecteurs éclairent le labeur des milliers d’ouvriers ayant quitté leur campagne pour doubler leurs revenus à la ville. Ils gagnent 80 dollars par mois. À ce prix-là, les équipes travaillent vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Pékin prépare les Jeux olympiques dans un an et demi. Nous aurons tout juste le temps d’apercevoir l’un des derniers hutongs du secteur, avec ses vieilles rues étroites où vivent les vrais Pékinois. Un matin, l’ancien quartier n’est plus là: une dalle de béton a été coulée. Sûrement un nouveau centre commercial… Ils sont immenses. Le premier week-end, nous nous aventurons chez Carrefour. «Jialefu» prononcent les Chinois. Cela veut dire «famille, joie et bonheur» en mandarin. Soulagement, on trouve des biscuits «Petit écolier», trois fois plus chers qu’en France, mais enfin… Avant de consacrer un plus long séjour au Tibet, je suis pressé de faire un tour à Xiahe, une ville au cœur tibétain, dans la lointaine province du Gansu. Si la majorité des quartiers semble former une cité chinoise grise de plus, le dépaysement est total autour du monastère de Labrang. Les pèlerins se pressent toute l’année dans cette lamaserie considérée comme l’une des plus importantes de l’Amdo, l’ancien Tibet oriental, contrôlé par la Chine depuis les années cinquante. Après quelques jours de répit à Pékin, un reportage me conduit à Harbin. Un endroit attachant où s’étaient réfugiés des milliers de Russes blancs. Ils y ont laissé de larges avenues et une imposante église. On est plus au nord; il fait plus froid. On me dit que j’ai de la chance: il ne fait que - 20°C ce matin…

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