RIVIERES VIERGES DE PATAGONIE
CANYONING EN EAUX SAUVAGES
Images et texte
PIERRE PASCAL
 

CATALOGUES
VIEUX CAMPEUR
PATAGONIA

Première glissade, accélération, bobsleigh sur les fesses, plongeon et bouillon.
Et ainsi de suite durant deux heures. Philippe virevolte, saute, plonge
de 5, 10, 15 mètres de haut.


CANYONING

Dans ce bout du monde épargné par la pollution, les grands espaces solitaires parsemés de lacs cristallins et de majestueuses forêts constituent des refuges écologiques uniques sur la planète. Quelques hommes bien intentionnés les arpentent et en jouissent sans moteurs, donc sans émissions de gaz nocifs. Un Suisse, rencontré à l’auberge de Nicolas, parcourt à cheval la région six mois par an. Un couple descend la route panaméricaine de l’Alaska à Ushuaia et une fois à l’arrivée, parce qu’il est difficile de trouver meilleur voyage, décident de la remonter.

Un autre, Philippe, arpente les canyons des contreforts de la Cordillère, les équipe de mousquetons et d’échelles de corde et s’amuse ensuite à les descendre à pied et à la nage. Le canyoning est un sport d’eau vive dont j’avais vaguement eu écho. C’est donc avec empressement que je suivais le funambule tout en haut du rio Blanco. Une, deux, trois, à l’eau… glacée.

Philippe est né gitan, ou presque.
Et l’acrobate formé à l’école du
cirque défit aujourd’hui à la nage
les canyons sauvages du sud
chilien. Depuis six ans, il s’enfonce
dans les Andes et équipe les
parois de mousquetons et échelles
de corde pour inviter les voyageurs
aventuriers à découvrir une des
facettes les moins connues de la
montagne. Un sport accessible à
tous, toboggans, glissades et bains
vivifiants, avec options pour les
têtes brûlées, sauts, plongeons,
escalade et rappel.
Non loin de Puerto Varas. Le Canyoning est une
des disciplines que privilégient les torrents d’eau
vive de la région des Lacs. Les canyons se
descendent à la nage, ou plutôt à la glisse.
Les toboggans naturels accélèrent les chutes
qui s’achèvent dans un bouillon d’eau fraîche.
Les plus téméraires comme Andres le Chilien
ou Philippe le Français se propulsent dans les
airs dès qu’une falaise pointe le bout d’un surplomb.
D’abord condor puis saumon, ils gouttent au plaisir
d’une nature sylvestre, accueillant les plus belles
forêts primaires, totalement préservée de toute
humanité et donc de toute contamination.

Une sensation extrême et rafraîchissante rapidement tempérée par l’épaisse combinaison de plongée. Oubliez les parcs d’attractions aquatiques. Ici, le plastique laisse place à la vraie roche, à tel point érodée par des millénaires d’écoulements d’eau que les toboggans naturels sont aussi lisses que du marbre. Et autour, falaises, surplombs, forêts, piscines naturelles… Les bains du jardin d’Eden. Première glissade, accélération, bobsleigh sur les fesses, plongeon et bouillon. Et ainsi de suite durant deux heures. Philippe virevolte, saute, plonge de 5, 10, 15 mètres de haut. Une piscine naturelle forme un cirque de 3 mètres de rayon. L’ado trentenaire, acrobate aux pieds palmés, court le long de la paroi quasi verticale, la force de gravité le collant littéralement à la roche style «Matrix» avant que tout ne lâche pour un plongeon final, athlétique et chorégraphié. Les rivières sont propulsées par le poids des eaux venant de l’amont et en même temps aspirées par la chute d’eau finale. Retour à la petite civilisation de Puerto Varas, 40 mètres en bas de la cascade descendue en rappel, les pieds dans le vide et le visage fouetté par les embruns d’eau douce.

AU DÉBUT DU BOUT DU MONDE

Terre Mapuche, les Amérindiens natifs, la région des lacs, Puerto Varas, le volcan Osorno, le lac Llanquihue et la vallée de Cochamo sont au début du bout du monde. D’ici part la caratera austral, la route qui amène au Torres Del Paine, au Cap Horn et à l’Antarctique. Une invitation au voyage à laquelle répondra le Passe-Frontières qui partage sa vie entre le Québec, l’été, et l’Amérique du Sud, l’été (jeu des deux hémisphères et de leurs saisons inversées). Un magazine «oiseau migrateur» comme le surnomment déjà ses lecteurs.

Les millénaires d’écoulements d’eau
ont formé des toboggans naturels
aussi lisses que du marbre.
Les bains du jardin d’Eden.
Première glissade, accélération,
bobsleigh sur les fesses, plongeon
et bouillon.
L’acrobate aux pieds palmés
court le long de la paroi
quasi verticale, la force de
gravité le collant à la roche style
«Matrix» avant que tout ne lâche
pour un plongeon final,
athlétique et chorégraphié.
Philippe, l’acrobate funambule
saute de 10, 15, 20 mètres
de haut, à côté de la chute
d’eau descendue en rappel
par les non-initiés à la haute voltige.


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CHILI
22 €, 512 pages


ARGENTINE
26 €, 512 pages


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