Avant de fouler le continent asiatique,
on s’est forcément laissé fasciner par les récits et les destins
mémorables
des grands voyageurs des XIXe et XXe siècles.
Ludovic de Beauvoir,
Pierre Loti, Alexandra David-Neel,
Ella Maillart ou Nicolas Bouvier
nous ont transportés dans
les lointaines contrées d’Orient à travers
leurs écrits. Là où
la vie impose un autre rythme, où le sacré s’immisce
dans
le quotidien, où les sourires cachent dignement des histoires tragiques.
Lorsqu’on évoque l’Asie, ce sont d’abord des images d’hommes et de femmes qui viennent à l’esprit. On pense ensuite aux terres et aux bêtes que les peuples ont su maîtriser avec le temps. Une nature dont ils tirent une grande partie de leurs ressources et qui influe sur leurs traditions ancestrales. Ainsi, la fête nationale du Naadam permet aux Mongols de mesurer la rapidité de leurs chevaux lors de courses à travers la steppe. Au pays de Gengis Khan, cet animal sert de moyen de transport et procure l’airag, fameuse boisson de lait de jument fermenté. Au Vietnam, la déesse des eaux fait partie de toute fête populaire. Il faut dire que les cours d’eau offrent au pays trois mannes nourricières : le riz, le poisson et les innombrables fruits qui mûrissent sur les berges.
L’Asie est une et multiple. Diverse dans ses ethnies, ses langues, ses religions et ses traditions, elle est unique lorsque les rires se mêlent à l’étonnement devant le voyageur à la peau et aux yeux si clairs. Ses habitants possèdent la même aptitude à partager, le désir de connaître cet ailleurs encensé, le sens de l’esthétisme et des couleurs, et une volonté farouche de survivre. Mais parfois le rêve oriental cède la place à des valeurs universelles nettement moins estimables. Le culte du dollar se substitue à celui des dieux, la frénésie des mégapoles remplace la vie paisible de quartier, l’individualisme l’emporte sur la solidarité. À Pékin, certains quartiers ont été rasés pour accueillir les sportifs des Jeux Olympiques qui se dérouleront en 2008 ! Ironie… On détruit les traces du passé pour un événement qui prit racine dans une civilisation plusieurs fois millénaire. Au nom du développement, une Asie est en train de disparaître.
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C’est sur un coup de tête que je suis partie en Asie un beau matin d’août, pour plusieurs mois, avec dix-sept kilos de bagages et un billet de train me permettant de traverser l’Europe et de sillonner l’Asie. Et si je ne connaissais pas la raison profonde de mon départ, c’est à mon retour que je l’ai découverte. Une aventure humaine inoubliable, où l’on apprend beaucoup sur les autres et encore plus sur soi-même.
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